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CITATIONS

 

À la base, nous ne sommes rien d’autres que des musiciens de blues : nous venons de la région du blues, nous avons été élevés avec lui : il était partout où nous allions quand nous étions gosses et faisait partie de notre vie. À la réflexion, je pense que nous pourrions être définis comme « des bluesmen qui jouent du jazz moderne » (Nat Adderley).


À soixante ans, le jazz est resté ce qu'il était à sa naissance : une musique de protestation... (Joachim-Ernst Berendt, Le Jazz des Origines à nos Jours, 1963).


À un moment donné, j'en ai eu marre d'écouter des crétins munis de guitares en train de jouer de la mauvaise musique. Je me suis mis à écouter pas mal de jazz de la Nouvelle-Orléans, comme Louis Armstrong ou Jelly Roll Morton… Il faut dire que j'ai toujours aimé les ballades plutôt calmes (Iggy Pop).


Afin de permettre aux ingénieurs de vérifier leurs appareils, je priai Erroll de jouer n'importe quoi. Il joua une minute ou deux ; le son était bon, aussi lorsqu'il s'arrêta, je lui demandai, de la cabine, s'il désirait que l'on commence.
— Prêt ! Répondit-il.
— Bon, Dis-je. Qu'est-ce que vous jouez ?
— Je ne sais pas encore... Faites partir la bande...
(
Erroll Garner et George Avakian pendant l'enregistrement du Erroll Garner Trio (1956), cité dans Derrière la Zizique de Boris Vian, 1997).


C'est grâce à l'héritage jazz que l'homme singe devint l'homme sage. (MC Solaar, Un ange en danger, 1994)


Ce que nous avons fait sur Bitches Brew, on ne pourrait pas le coucher sur le papier et le faire jouer par un orchestre... C'était une séance d'improvisation et c'est ce qui fait que le jazz est fabuleux (Miles Davis, Miles l'autobiographie de Miles Davis & Quincy Troupe, 1989).


Ce que nous jouons, c’est la vie. (Louis Armstrong)


Ce qui m’intéresse surtout dans le jazz, c’est que c’est un bon mot pour le Scrabble (Philippe Geluck, Le Chat).


Comme je le dis à mes étudiants : « Le jazz est une musique improvisée générant un certain type de feeling qui est celui du blues ». Ce que j’ai appris de fondamental aux côtés de Johnnny Griffin, Jay MacShann ou Kenny Clarke, c’est que s’il manque le blues ça n’est pas du jazz. On peut faire toute la musique expérimentale improvisée qu’on veut, s’il n’y a pas le blues, il n’y a pas le feeling, l’esprit, l’âme du jazz. Ça peut prendre des formes très différentes. Je ne parle pas de théorie musicologique, des accords ou des douze mesures, je parle de l’essence de la musique, de son ambiance. Si le jazz n’est pas joué avec toute son âme, avec soulfulness, c’est juste une suite de notes. Il faut cette dimension spirituelle... Il let the spirit guide me ! (Nathan Davis, 2001).


De mon point de vue, en tant que descendant d’esclaves, je ne souhaite pas être déconnecté de cette histoire, d’autant plus que beaucoup de gens tentent de l’occulter… Mais je veux être capable de ne pas y penser quand c’est nécessaire pour atteindre ces autres endroits où je veux aller (George Lewis).


En vain fermera-t-on l'oreille au jazz. Il est vie. Il est art. Il est ivresse des sons et des bruits. Il est joie animale des mouvements souples. Il est mélancolie des passions. Il est nous d'aujourd'hui (André Coeuroy et André Schaeffner, Le Jazz, 1926).


En vérité, Ellington est un vrai compositeur, le premier compositeur de jazz à se distinguer, et qui plus est, le premier compositeur noir. Hormis quelques détails, ses oeuvres ne laissent pas prise aux caprices des interprètes ; elles sont écrites et, pourtant, elles sont susceptibles d'être modifiées (Constant Lambert, Music Ho! (A Study of Music in Decline), 1934).


Il n'existe pas et il n'existera jamais une technique jazz spécifique de la musique, en dehors de l'orchestration (Ernest Newman, Summing Up Music's Case Against Jazz, New York Times, March 6, 1927).


Il ne me paraît pas douteux que le jazz soit de la musique, et parfois de la meilleure. Il en augmente le domaine et rend ainsi plus difficile l'exercice du pouvoir central.... Par lui, la musique tend à s'annexer le royaume des bruits. Mais il est certain que les frontières de jadis étaient trop étroites et que bien des sons délicats étaient injustement soumis aux gouvernements barbares (Maurice Le Boucher dans Le Jazz d'André Coeuroy et André Schaeffner, 1926).


Il nous semble que cette musique [le jazz] n'est qu'à moitié vivante. Sa superbe vitalité de rythme et de couleur instrumentale est affaiblie par une anémie mélodique et harmonique des plus pernicieuses (Lawrence Gilman, Music in New York Tribune, 13 février 1924).


Il y a plus de mauvaise musique dans le jazz que dans tout autre genre. C'est peut-être parce que le public ne sait pas vraiment ce qui se passe (Pat Metheny, International Herald Tribune, 1992).


Il y a toute une tradition du jazz qui me demeure étrangère : eh oui, je ne sais pas jouer le blues en fa ! Si demain on me propose de me l’apprendre, j’accepte... Mais j’ai tant d’autres choses à faire... (Louis Sclavis, 2000).


J'adore écouter du jazz en conduisant. Ça me donne un rythme de conduite, c'est curieux, ça me fait ralentir ma vitesse. Sans doute parce que je ne veux pas rater une note (Charles Aznavour, Jazz Magazine n°611, février 2010).


J’ai toujours eu à l’esprit que je joue une musique inventée en grande partie par des musiciens noirs... Mais je pense également qu’à un certain degré d’authenticité et de spiritualité, n’importe quel genre de musique cesse d’appartenir en propre à une communauté spécifique et devient juste un support à l’expression. J’ai vécu mal une période où, sous la pression essentiellement politique des musiciens noirs, a été instaurée une sorte de compétition entre Blancs et Noirs... Je comprends ce qui les a poussés à agir ainsi, je respecte leurs engagements, mais je ne partage pas cette conception de la musique. Ceci dit, il y a effectivement des différences d’expression liées à la culture entre jazz noir et jazz blanc, spécialement aujourd’hui où j’entends dans la musique noire énormément d’effets expressifs et d’exagération stylistique qui m’apparaissent grossiers, vulgaires, essentiellement dictés par le souci de plaire. Quand j’entends Lester Young, j’entends de la musique pure. Mais déjà lorsque j’entends Cannonball Adderley, je reconnais que c’est un superbe styliste avec une grande technique, mais son idiome, ce recours forcené au blues, me paraît extrêmement artificiel. Pour moi, c’est affecté. C’est juste une attitude. Je joue cinq variations sur le blues dans cette séance : à aucun moment, je ne cherche à les faire sonner « bluesy », avec des blue notes et des tics expressifs spécifiques, tout simplement parce que ça ne m’est pas naturel (Lee Konitz, 2000).


Je crois donc toujours vrai que le point commun à tous les musiciens de jazz est leur revendication d’une relation forte au blues, quelle qu’en soit la forme. Alors on aura du mal à en trouver deux qui donnent la même définition du jazz. Le blues reste, à mon avis, l’indicateur le plus précieux, avant même celui du swing (peut-être justement à cause de cette charge historique et ethnographique, par là beaucoup plus symbolique, que n’a pas la notion de swing, plus rigoureusement musicale). On arrive ainsi à un paradoxe tout de même amusant : pour savoir si un musicien pratique le jazz, il faut lui poser une autre question, celle de sa relation au blues : s’il en avoue une, il n’est pas forcément un musicien de jazz ; s’il la récuse il n’en est certainement pas un (Laurent Cugny, 1994).


Je crois que les audiences européennes sont plus capables d'écouter toutes sortes de musiques différentes. Pour ce qui concerne la mienne, elle est plus difficile à placer aux Etats-Unis parce que le public ne la considère pas comme du jazz. Ce n'est pas juste du be-bop quoi ! (John Abercrombie, propos recueillis pour Viva La Musica en septembre 1999).


Je n’écoute pas tellement de disques. Je n’écoutais pas Charlie Parker. Mon deuxième mari, Gilbert Moses, aimait Eric Dolphy, Albert Ayler, Keith Jarrett, il me les a fait entendre. Ornette Coleman aussi, qui était vraiment étrange. Je n’étais pas free comme musicienne, bien que je sois très ouverte. De Dolphy et Coltrane, c’est Coltrane que je préférais. Mais l’homme Ornette, sa manière d’être complètement dans son monde, m’impressionnaient. A présent, il faudrait que j’écoute les grands disques de Louis Armstrong. Je ne l’ai jamais entendu live, ses shows télévisés ne me plaisaient pas, il en faisait trop. Mais je sais l’importance décisive qu’il a eue comme musicien. (Dee Dee Bridgewater, Télérama, 2015)


Je ne pense pas que l'on puisse être un bon musicien de jazz si l'on ne sait pas jouer le blues. (Anthony Braxton)


Je suis certain que les musiciens de jazz se sont inspirés des rythmes qui les entouraient pour créer le swing. Il n'y a qu'à imaginer Duke Ellington et Count Basie dans une locomotive à vapeur : les différents rythmes du train devaient suffire à les inspirer pour un long moment. Après tout, c'est la définition du swing : quelque chose qui est retenu, puis qu'on relâche (Alexis Grüss, Jazzman n°139, octobre 2007).


Je suis persuadé qu'il nous est donné de pouvoir adopter, lorsqu'il le faut, diverses attitudes de réceptivité et de compréhension. Cela ne nous achemine pas nécessairement à juger le jazz dans la perspective de l'art occidental ; cela nous incline plutôt à élargir notre horizon pour y faire place à la seule musique d'esprit populaire de notre temps qui soit universelle et n'ait pas sombré dans la vulgarité (André Hodeir, Hommes et Problèmes du Jazz, 1954).


La musique de Bird (Charlie Parker) pouvait fuser en envolées fulgurantes d'une allégresse débridée et prenait plus de liberté que la musique swing qu'on connaissait bien. Elle mettait aussi à nu le mal d'être, les plaies de l'âme de l'Amérique noire. Dans cette musique-là, aucun compromis, c'était en avant toute : le temps des cheveux décrêpés et aplatis et des béni-oui-oui était révolu à jamais. Elle fut immédiatement en butte à l'hostilité, non seulement des publics blancs qui captèrent le message et flairèrent l'orage, mais aussi des musiciens noirs plus âgés à qui elle renvoyait subtilement une image peu valorisante de l'Oncle Tom (Chan Parker, Ma Vie en Mi Bémol (My Life in E-flat), 1993).


La musique de jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place... J’ai découvert le jazz en Amérique, comme tout le monde (Jean-Paul Sartre, 1947).


La musique négro-américaine, dont le jazz est issu, résulte d'une rupture de la tradition musicale africaine, consécutive au brutal changement de milieu qu'ont subi les esclaves déportés par les négriers ; elle résulte corollairement des éléments nouveaux qui ont aidé les esclaves louisianais ou virginiens à constituer une nouvelle tradition. C'est à ces éléments, tous d'origine anglo-saxonne ou française (...), que le jazz doit quelques-uns de ses caractères principaux (André Hodeir, Hommes et Problèmes du Jazz, 1954).


La plupart des musiciens qui font du free - je veux dire de l’improvisation - ont au fond d’eux-mêmes un feeling fondamental. Cette pulsation de base, c’est le blues. Ce que j’aimais chez John Coltrane, c’est le blues. J’entends le blues dans le saxophone, mais aussi dans tous les instruments. Le blues, c’est l’impulsion de tout, la force qui doit guider tous les jazzmen, l’énergie, la source de toutes les musiques, aussi bien de la free music et du swing que du bebop (Frank Lowe, 1994).


Le blues est la racine essentielle du jazz, et tous les grands jazzmen jouent très bien le blues (Kenny Neal, 2000).


Le blues est une forme de base dans laquelle les gens peuvent se reconnaître, même ceux qui ne connaissent pas le jazz. C’est mon dénominateur commun pour atteindre une audience (Horace Silver, Jazz Report, 1999).


Le blues n’est ni un style, ni une phase du jazz, mais le support permanent de tous ses styles. Non pas le jazz dans sa totalité, mais son âme (Francis Newton, Une sociologie du jazz, 1961).


Le blues tient une place fondamentale dans ma musique. C’est le fondement du jazz. J’ai commencé avec le blues et je finirai peut-être avec. Même dans la vie, le blues est incontournable (Steve Lacy, 1995).


Le jazz a été pour moi un endroit d'expérimentation où les contraintes techniques étaient moindres que dans le classique. Je chante des lignes musicales écrites ou improvisées, comme une instrumentaliste. (Jeanne Added, 2015)


Le jazz connaît des temps difficiles. Je pense qu'il faut y intéresser plus de jeunes gens. Après le rock, les gosses doivent progresser ou ils resteront à jamais au même niveau d'appréciation (Clint Eastwood, 1997).


Le jazz doit avoir le feeling du swing et du blues. La quête du blues et du swing est éternelle, c’est le défi du jazz, on doit y trouver le blues dans tout ce qui est joué. C’est ma définition du jazz. Par ailleurs, il doit aussi y avoir l’élément de surprise. Sans ces trois éléments, pour moi ce n’est pas du jazz, c’est autre chose - qui peut être une très bonne musique, mais pas du jazz (John Lewis, Modern Jazz Quartet).


Le jazz englobe le blues, non pas seulement en tant que forme spéciale, mais aussi comme référent (...) Le blues est la conscience nationale du jazz (...) Sans le blues, qui l’anime de l’intérieur, le jazz n’a ni histoire, ni mémoire (Leroi Jones, The Music : Reflections on Jazz and Blues, 1987).


Le jazz est la musique classique des Noirs. C'est à force d'en écouter et de lire un tas de bouquins à son sujet que j'ai réalisé non seulement son importance, mais aussi combien il a été pillé et détourné (Beans, Jazz Magazine, septembre 2006).


Le Jazz est la seule musique dans laquelle la même note peut être jouée nuit après nuit tout en étant différente à chaque fois (Ornette Coleman).


Le jazz est mon aventure. Je traque les nouveaux accords, les possibilités de syncope, les nouvelles figures, les nouvelles suites. Comment utiliser les notes différemment. Oui, c'est ça ! Juste une utilisation différente des notes (Thelonious Monk).


Le jazz est selon moi une expression des idéaux les plus élevés. Par conséquent, il contient de la fraternité. Et je crois qu’avec de la fraternité il n’y aurait pas de pauvreté, ni de guerre. (John Coltrane)


Le jazz est un style, non une composition. N'importe quelle musique peut être interprétée en jazz, du moment qu'on sait s'y prendre. Ce n'est pas ce que vous jouez qui compte mais la façon dont vous le jouez (Jelly Roll Morton).


Le jazz est vif, douloureux, doux, tendre, lent ; il apaise, il bouleverse, c'est de la musique et ce qu'il rythme est vrai, c'est le pouls de la vie. (Andrée Maillet - Les remparts de Québec, 1964)


Le jazz manouche, c'est le seul truc que j'ai trouvé qui donne autant d'énergie que le rock'n'roll. (Sanseverino)


Le jazz manouche est une musique avec des codes. Le respect des anciens en est un. J'ai voulu montrer à travers cet album ce qui caractérise le plus la nouvelle génération : la volonté de faire évoluer le style, le choix original du répertoire et une interprétation moderne. (Ghali Hadefi)


Le Jazz n’est ni un répertoire spécifique ni un exercice académique … mais une manière de vivre (Lester Bowie, pochette du CD The Odyssey Of Funk & Popular Music Vol. 1 (Atlantic), 1999).


Le jazz n'est pas mort, c'est juste qu'il a une drôle d'odeur. (Frank Zappa and the Mothers of Invention, album Roxy and Elsewhere, 1974.)


Le jazz New Orleans fait toujours inexplicablement résonner quelque chose en moi. C'est comme prendre un bain de miel (Woody Allen dans le film documentaire Wild Man Blues, 1997).


Le rock, le jazz, ce n'est rien d'autre qu'une traduction des sons hideux et irrationnels de l'environnement industriel en langage musical. (Marshall Mc Luhan, professeur, philosophe, sociologue, 1911-1980)


Le style « cool » m’a toujours fait penser à la musique des Blancs. Il manquait de tripes et de swing aussi. Les Lee Konitz, Lennie Tristano et autres ne transpiraient pas sur scène. Pourtant le jazz est une musique « triparde », qui exige qu’on se déboutonne. Mais je suppose que ces gars-là voulaient éliminer ce côté nature, « sauvage », excitant, que nous avions. Le jazz, pour moi, c’est ça, une musique dynamique qui fait tout sauter. Ils l’ont assagie, édulcorée, mais sans en changer sa dimension essentielle : la profondeur (Dizzie Gillespie, To Be or Not to Bop, 2009).


L'improvisation est la part la plus agréable du jazz pour tous musiciens et l'improvisation collective est cathartique quand elle fonctionne bien. Toutefois, beaucoup de genres de musique incluent de l'improvisation avec succès. Qu'est ce qui rend dès lors l'improvisation en jazz unique ? La différence la plus évidente est le rythme. Le jazz swingue - ou du moins, c'est ce qu'il est supposé tenter de faire (Wynton Marsalis, Moving To Higher Ground, 2009).


Maintenant, nous pouvons aller en Europe, et passer à la télé, avec les Doors, et faire un beau succès. Mais ceux qui gouvernent ce pays ne veulent pas de ça. Le jazz est toujours dominé par les Noirs. Au début, il y avait le blues et le rythme & blues, puis les Blancs ont mis la main dessus, et ce fut le rock. Le rock n’a pas commencé à Liverpool avec les Beatles. Tous ces cheveux longs et ces trucs sont venus plus tard. Mais ce sont les Blancs qui ont fait du fric avec (Lee Morgan, 1970).


Miles, lui, n’était pas « cool » de cette manière. Il est originaire de ce coin de Saint Louis qui a vu naître le blues. C’est seulement un aspect de son jeu qui est cool. Et c’est justement cet élément que les autres ont annexé, sans prendre le reste, le côté « blues », ou bien en passant à côté (Dizzie Gillespie, To Be or Not to Bop, 2009).


Ne t'y frotte pas, Lucky, tu vas te faire mal. Tous les requins de studio ont essayé. Il joue de la flûte, de la clarinette, de tout, exactement comme le blanc dit qu'il faut jouer, et un petit peu mieux (Charles Mingus à Lucky Peterson à propos de Buddy Collette dans Beneath the Underdog (Moins qu'un chien), 1971).


N'oublie jamais ceci : jouer du jazz, c'est comme raconter une histoire. Une fois la musique envolée et le morceau terminé, il ne doit rester que du bonheur... Sinon ça ne sert à rien. Strictement à rien ! (Maxence Fermine, Billard blues,  2003.)


Nous avons fait notre histoire dans cette langue, le jazz. Le jazz a été notre langue de communication, pour nous qui en étions privés et interdits. (Charles Mingus)


Nous ne jouons pratiquement pas de blues. J’en avais quelques-uns que je jouais avec plaisir au début de ma carrière, et puis ils ont été abandonnés au fil des années, sans raison particulière. Nous en jouons parfois, mais cela n’est pas la « chose forte » de notre répertoire. Et puis le blues en si bémol ne m’est pas indispensable : l’esprit, le feeling du blues sont tellement présents dans le jazz que, même sans jouer des blues, les bons musiciens passent leur temps à jouer le blues (Bill Evans, 1971).


Pour moi, « free jazz », ça ne veut rien dire. Dans son essence même, le jazz est une musique libre. Louis Armstrong est aussi free que Albert Ayler. Simplement, le matériel n’est pas le même (Daniel Humair, propos recueillis pour Evene.fr en octobre 2006).


Pour moi l'art a toujours été une plateforme pour connecter les gens et les faire réagir à des émotions et des idées. Pour certains, écouter du jazz est un moment de détente un peu classe, avec une cheminée, un verre de Chardonnay ...Pourquoi pas ! .(..). Mais pour moi, le jazz, c'est autre chose : c'est ressentir des choses et se poser des questions. La majorité des gens ne sait pas quelles notes tu joues et ce n'est pas important. Ça ne l'est que pour un très faible pourcentage de personnes qui comprennent réellement le bordel qui se passe musicalement. Pour les autres, c'est juste une question de feeling (Nasheet Waits, Jazz News n°59, février 2017).


Pour moi le jazz c'est aussi une relation poétique avec le rythme. Il peut être rond, carré, de toutes formes, mais il assure le continuum de la narration. Il rebondit, il s'échappe sans qu'on puisse l'attraper, telle une truite au fil de l'eau. Les musiques qui n'offrent pas ces rebonds ... m'intéressent moins. Quelles que soient leurs qualités esthétiques elles ne portent pas les clefs de la vie qui court (Bernard Lubat, Jazz Magazine n°624, avril 2011).


Pour moi, le jazz est synonyme de liberté. Pour l'absence de préjugé et de discrimination, l'absence d'obligation et de convention. C'est ma définition du jazz que je veux transmettre à l'auditeur. Qu'il soit jeune ou vieux, traditionaliste ou moderne, fan de jazz ou pas (Barbara Dennerlein).


Pour nous, le jazz n'a jamais été quelque chose d'étranger, mais plutôt une extension de ce que nous connaissions. D'une certaine façon, Duke Ellington était le vieil homme sage du village (Abdullah Ibrahim (pianiste sud-africain) dans un entretien pour la Denmarks RTV, 1997).


Quand on a la chance d'être le complice d'un musicien tel que Stéphane Grappelli, de pouvoir partager sa connaissance de la Musique et ses secrets, le Jazz vous aime (Michel Petrucciani).


Quand vous distinguez jazz et blues, vous parlez de deux membres d’une même famille. Chacun a sa personnalité, mais gospel, jazz, blues, soul ont le même père et la même mère. La transmission de l’information se fait par l’intermédiaire des anciens (Arthur Blythe, 1994).


Quelle relation au blues entretient-on quand on se veut musicien de jazz aujourd’hui (et éventuellement, de surcroît, blanc et européen) ? Dans un premier temps cela revient à réfléchir sur notre rapport aux origines, car le blues incarne l’origine du jazz, même s’il n’en est pas le seul composant. De nombreux musiciens (notamment européens) règlent la question en se réclamant de l’improvisation et non du jazz. Dans ce cas, il est compréhensible que la question ne se pose plus. Ou du moins, perd-elle de sa pertinence. Mais si en revanche, on s’identifie au jazz dans sa pratique musicale, je ne vois pas très bien comment on peut s’affranchir d’une relation, fût-elle lointaine et lâche, au blues (Laurent Cugny).


Selon moi, les trois meilleurs virtuoses du jazz sont Louis Armstrong, Sidney Bechet et Django Reinhardt. Personne ne leur arrive à la cheville question solos. Je crois que la musique de Django Reinhardt peut plaire à n'importe qui, de l'intellectuel au chauffeur de taxi. La beauté de sa musique est immédiatement perceptible (Woody Allen, lesinrocks.com, interview, 2000).


Si je voulais jouer du jazz, comment devrais-je commencer ? De la même façon que si vous appreniez à parler, apprendre des phrases et des chansons simples et faire du mieux que vous pouvez pour que tout ça ait du sens (Wynton Marsalis, 2002).


Si votre éducation musicale a été négligée, nul besoin de choisir une voie aride pour la refaire : l'évolution rapide du jazz vous mènera insensiblement de la musique la plus fraîche et la plus naturelle des parades et des orchestres de marches aux recherches les plus raffinées des arrangeurs actuels ; et le monde de la mélodie, de l'harmonie et du rythme vous sera définitivement ouvert (Boris Vian, Écrits sur le Jazz, 1946 à 1959).


Un des services les plus éminents que Goodman ait rendus à la cause du jazz, c'est l'introduction de musiciens de couleur dans sa formation (Boris Vian dans les notes de pochette du LP Benny Goodman : The Famous 1938 Carnegie Hall Jazz Concert, Philips n°7000, juin 1954).


Une fois, j’ai dîné avec Lady Di. Au cours du repas, elle m’a confié le nom de son artiste de jazz favori. Je m’attendais à  John Coltrane ou Miles Davis… Billy Joel. Amusant, non ? (Paul McCartney, 1993)


Vous reconnaissez-vous dans le jazz ? Seulement dans la première et la dernière lettre (John Zorn, Jazz Magazine, septembre 1998).


Vous savez, pour moi, il existe une quantité d’atmosphères en dehors de celle du blues. Mais le blues, c’est pour moi le climat du jazz. Non que vous ayez à jouer toutes les progressions d’accords du blues ou que vous deviez être particulièrement tristes. Le jazz semble mettre en chaque chose une note de bonheur et de tristesse à la fois... Dans le trio avec Bob Brookmeyer et Jim Hall, nous atteignons de nouvelles dimensions, mais nous gardons contact avec le blues. Nous utilisons des procédés différents, des background différents, le contrepoint même, mais à travers tout cela nous conservons présent le sentiment du blues. Auparavant, le blues était fondé sur une approche harmonique, avec seulement un chanteur et un background, un fond rythmique. Aujourd’hui, ce sont trois hommes qui jouent ensemble des mélodies individuelles, et créent ainsi un climat sonore à trois voix (Jimmy Giuffre, Jazzmen d’aujourd’hui de Raymond Horricks, 1960).

 

 

 

 

 

 

 

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